Voici les six principaux ouvrages qui sont en usage dans les Églises orthodoxes...

Voici les six principaux ouvrages qui sont en usage, d’une manière ou d’une autre, dans les Églises orthodoxes. C’est par commodité que la TOB les appelle « deutérocanoniques ». En effet, pour les orthodoxes byzantins, leur statut est identique à celui des deutérocanoniques admis par la Bible catholique. Tous sont définis comme anagignoskomena (« bons à connaître », d’où « autorisés à la lecture »). Notons que 3 et 4 Esdras ainsi que la Prière de Manassé étaient en appendice des éditions de la Vulgate latine jusqu’au XXe siècle.

3 Esdras (traduction grecque d’un original araméen de la fin du IIe s. av. J.-C.). Complémentaire des Chroniques et d’Esdras-Néhémie, il évoque la fin de l’exil à Babylone et le retour à Jérusalem. Il contient l’histoire de trois pages du roi Darius se livrant à un tournoi oratoire, chacun faisant l’éloge de ce qu’il estime être le plus puissant en ce monde : le vin, le roi, les femmes et la vérité.

4 Esdras (compilation de trois textes indépendants. Présent uniquement dans les bibles orthodoxes russes). La partie centrale (3–14), connue sous le titre d’Apocalypse d’Esdras (fin Ier s. apr. J.-C.), se compose de sept épisodes. Dans les trois premiers, Esdras dialogue avec Dieu ou son ange. Les trois suivants rapportent des visions symboliques : une femme en deuil, un aigle, un homme aux caractéristiques messianiques. Dans le dernier, Esdras reconstitue les Écritures saintes. La version latine repose sur un texte grec aujourd’hui perdu qui était lui-même la traduction d’un original sémitique. Les chapitres 1–2 et 15–16 sont deux écrits chrétiens du II-IIIe s. apr. J.-C. ajoutés ultérieurement et transmis en latin[1].

3 Maccabées (rédigé en grec avant la destruction du temple de Jérusalem en 70 apr. J.-C.) Il raconte comment Dieu sauve les Juifs d’Alexandrie enfermés dans l’hippodrome sur ordre du roi pour y être écrasés par des éléphants ivres.

4 Maccabées (rédigé en grec au Ier ou IIe s. apr. J.-C.). Discours philosophique qui vise à démontrer que « la raison pieuse est souveraine des passions » et qui donne en exemple des martyrs juifs tels Éléazar, les sept frères et leur mère (voir 2M 6–7).

La Prière de Manassé (rédigé en grec entre le IIe s. av. J.-C. et le Ier s. apr. J.-C.). Courte prière de repentance et de confiance dans la miséricorde divine, elle est à rattacher à un épisode de 2Ch 33,12-13 : le roi impie Manassé prie Dieu pendant sa captivité à Babylone.

Psaume 151 (présent dans les manuscrits de la Septante grecque ; une version en hébreu a été trouvée à Qumrân). Considéré comme une signature davidique à la collection des 150 psaumes, il évoque David, son combat contre Goliath et son choix par Dieu.


[1] Voir André Paul, « De L’Ancien Testament au Nouveau, t. 2. Autour des Prophètes et des autres Écrits », C.E. n° 153 (septembre 2009), p. 38-47.